Interview avec Josh des Red Hot Chili Peppers.

Préalablement au concert incroyable que les Red Hot Chili Peppers ont donné dans le Ziggo Dome d'Amsterdam, Keymusic a eu la chance de se voir accorder une interview exclusive. Notre collègue Evelien Snijders a eu l'occasion de bavarder avec Josh Klinghoffer, le guitariste des Peppers, et elle lui a posé diverses questions sur leur nouvel album, The Getaway.


The Getaway: le nouvel album

Comment se répartissent les tâches lorsque le groupe commence un nouvel album ?

Anthony se charge des textes des morceaux : il écrit tous les textes. A part cela, il n'y a pas vraiment de formule préétablie. J'écris un morceau, Flea en écrit un autre, ou il arrive que nous écrivions un morceau en partant d'un motif de batterie que nous développons. Pour ce nouvel album, c'était la première fois que nous avons dû écrire les morceaux en entrant en studio : en temps normal, les morceaux sont déjà terminés avant que nous n'entrions en studio pour enregistrer.

Dans quel morceau de ce nouvel album te retrouves-tu le mieux ?

Tu veux parler des textes, ou des musiques ? D'un point de vue musical, ce devrait être les morceaux 'Goodbye Angels' et 'Longest Wave', parce que ces deux morceaux sont bâtis sur des compositions qui viennent de moi.

Au niveau des textes, je n'ai pas encore bien en tête chaque morceau de l'album. Mais je trouve le texte qu'Anthony a écrit pour 'The Hunter' génial ! Je pense qu'en fait, la chanson parle de son père. C'est vraiment un morceau très spécial, et j'apprécie beaucoup l'émotion qu'il dégage.

Es-tu quelqu'un qui donne de l'importance aux textes avant tout, ou aux mélodies ?

Non, je suis quelqu'un qui est avant tout sensible aux mélodies, mais j'apprécie les textes des chansons et j'aime l'écriture. Je tiens les bons paroliers en très haute estime. Quand j'écoute de la musique, ce n'est pas vraiment ce que j'écoute en premier : je dois même me concentrer pour écouter le texte. Selon moi, un chanteur doit chanter avec une conviction maximale quand il veut que l'on comprenne le texte. Comme Frank Sinatra. Mais de nos jours, on chante tant de choses obscures …

Quand j'étais jeune et que j'écoutais de la musique, je ne me branchais pas spécialement sur ce que les interprètes racontaient. Ce sont surtout les sonorités et les mélodies qui m'influençaient. Ceci dit, de mauvais textes peuvent très bien ruiner un morceau ! Ce que j'ai toujours trouvé intéressant, c'est de savoir si les gens qui écoutent des morceaux dans une autre langue ont le même genre de contact avec le morceau que ceux qui en comprennent le contenu. Moi-même, quand j'écoute un morceau en français, je n'écoute absolument pas les paroles.

Qu'est-ce qui t'a le plus amusé lors de l'enregistrement de 'The Getaway' ?

Le fait de travailler à Hollywood. J'ai trouvé ça vraiment sympa. On était dans le centre de Hollywood, et c'était vraiment une belle expérience. Jusqu'ici, je n'étais encore jamais resté très longtemps à Hollywood. Et se retrouver tous ensemble avec le groupe, j'ai trouvé ça très bien aussi. En fait, nous n'avons jamais le temps de nous retrouver au calme ensemble, car nous travaillons tous tellement intensément … Tout d'un coup, dans le studio, nous avons eu assez de temps pour nous distraire et regarder la TV.

Avez-vous ressenti une certaine pression pour boucler le projet ?

Cette fois-ci, un peu, oui, parce que nous étions tellement en retard pour cet album ! Nous avions prévu de faire les enregistrements beaucoup plus tôt, mais Flea s'est fait une sérieuse blessure en snowboard, il s'est cassé le coude. Cela a retardé nos projets de neuf mois ! Bien sûr, personne ne nous a collé un pistolet sur la tempe, mais si nous n'avions pas pu terminer l'album en temps voulu, nous n'aurions pas pu commencer notre tournée au moment où nous l'avions planifiée. A ce niveau, Brian Burton (connu aussi sous le nom de 'Danger Mouse', c'est le producteur de l'album) a son propre schéma, assez rigide, et nous ne pouvions donc pas attendre plus longtemps.

Penses-tu que cette pression a eu un effet positif ou négatif sur la création de ce nouvel album ?

Vraisemblablement, un effet positif. Sur le moment même, certaines choses peuvent être ressenties comme négatives, mais ce sont souvent des choses auxquelles on aurait dû penser avant. Quand on a le sentiment qu'on a trop peu de temps, c'est que, très vraisemblablement, le problème s'est déjà produit auparavant. Et ça, c'est tout simplement parce qu'on ne savait pas encore ce qu'on voulait faire à ce moment-là …

Quand on est allé enregistrer l'album, j'étais profondément frustré parce que les choses n'allaient pas comme je l'aurais voulu : je voulais enregistrer en direct, comme le groupe l'avait toujours fait. Etre tous très proches les uns des autres, face à face. Au lieu de ça, on a juste fait le contraire : nous avons dû chacun aller en cabine, un par un ! Finalement, ça a été aussi agréable qu'intéressant d'enregistrer de cette manière. Mais pendant toute notre dernière tournée, j'avais réfléchi à la manière dont je voulais faire le nouvel album, en espérant un résultat bien précis. Mais bon, dans un groupe de quatre personnes, il ne faut pas s'attendre à toujours faire ce que l'on a envie de faire.


Le son de Josh Klinghoffer

En 2007, le guitariste Josh Klinghoffer a pris la relève de John Frusciante, qui avait été jusque-là le guitariste des Red Hot Chili Peppers. Pendant l'interview accordée à Keymusic avant le concert des Peppers au Ziggo Dome d'Amsterdam, Josh nous a fait quelques confidences relatives à ses sonorités et à ses pédales d'effet.

Sur scène, trouves-tu que c'est difficile de retrouver le même son que celui de l'album ?

Cela dépend du morceau dont on parle. Suivant que le morceau soit nouveau ou ancien, c'est une tout autre situation pour moi. Quand je joue un ancien morceau des Red Hot Chili Peppers, donc, que je n'ai pas enregistré moi-même, j'essaie de recréer le son le mieux possible, d'après ce que j'en connais, via les enregistrements. Mais quand je joue un morceau récent, je me sens plus tenu de produire un son correct. Ceci dit, finalement, il y a une grande différence quand on joue un morceau sur scène, en se déplaçant de long en large au sein d'un grand espace, et quand on est assis en studio sur une chaise et qu'on en est encore à chipoter pour trouver le son qu'on veut.

Comment fais-tu pour créer tes sons sur scène ?

J'ai un technicien guitare qui accorde mes guitares. En travaillant ensemble, nous avons essayé différentes combinaisons d'effets qui fonctionnent bien ensemble. Mais sinon, je fais un peu de tout avec mes pieds en me servant de pédales. Pour le nouvel album, je dispose d'un appareil avec lequel je peux enclencher trois effets en même temps, et qui me permet, d'une seule pression sur l'inverseur, de passer à un groupe d'effets totalement différent. De cette manière, je peux changer de son excessivement rapidement.

Quelles sont les pédales d'effets que tu utilises ?

Ecoute, je n'utilise rien d'extraordinaire ! Juste quelques pédales de distorsion Boss : la DS-1 et la Turbo Distortion, ainsi qu'un vieux fuzz appelé Tone Bender. A cela vient s'ajouter une pédale de wahwah, la WH10 d'Ibanez. Je préfère garder une configuration simple, avec quelques autres pédales Boss : DM2, CE2, VB2, PS3, DD3 et DD6. Mais le cœur de ma sonorité, cela reste mon booster Xotic EP : lui, je le laisse fonctionner en continu.